Les vignes à Balaruc-le-Vieux (Hérault) : rapport de diagnostic / par Isabelle Commandré, Franck Martin ; avec la collaboration de Iouri Bermond, Vianney Forest, Josselyne Guerre... [et al.]
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Bibliogr. p. 59
Le diagnostic révèle principalement la présence bien marquée de structures issues de la période gallo-romaine. Les vestiges reconnus marquent une prédominance de l’activité agricole dans ce secteur et sont essentiellement regroupés en trois ensembles : des témoignages de mise en culture, un vaste bâtiment rural et enfin l’aqueduc assurant l’alimentation en eau potable de la ville de Balaruc-les-Bains.
Les décapages ont donc montré une prise en main du terroir dès le Ier s. av. J.-C., au moins depuis la période républicaine, avec la mise en place de cultures viticoles. Les éléments de parcellaire qui s’y rattachent demeurent mal datés ; tout au plus peuvent-ils être associés à la période gallo-romaine. Ils dégagent cependant une orientation globale assez claire, offrant ainsi un maillage propre à structurer cultures antiques et certaines composantes perdurent encore à l’heure actuelle, alors que d’autres ont totalement disparu. Plusieurs milliers de fosses de plantation, attestant de techniques de provignage, ont été reconnues dans toute la partie occidentale de l’espace diagnostiqué. Avec un écartement moyen compris entre 1,8 et 2 m, 119 rangées ont été vues, et délimitent une superficie totale estimée à 30600 m². Il n’en demeure pas moins que cet espace ainsi circonscrit a également pu inclure des zones incultes ou des espaces dévolus à d’autres cultures, voire à d’autres activités. L’orientation générale qui s’en dégage, NL 30° E, pourrait être associé au modèle de centuriation « Forum Domitii A ». Ce modèle cadastral antique ainsi que le matériel récolté permettent de proposer une chronologie assez haute pour la mise en place de ces cultures ; au moins dès la période républicaine.
À une période comparable, comprise entre le Ier s. av. J-C et le Ier s. ap. J-C., un vaste bâtiment, probablement à vocation agricole, a été édifié dans la partie centrale de la zone diagnostiquée. L’édifice qui occupe une superficie d’environ 400 m² présente de modestes qualités de mise en oeuvre qui peuvent expliquer pour partie son état de dégradation avancé.
Il est associé à un vaste niveau d’occupation qui l’enserre sur 500 à 600 m² et dont les vestiges attestent sans nul doute d’une activité humaine quotidienne qui n’est pourtant pas assimilable à un habitat. Cette annexe agraire livre donc des artefacts sur une surface totale de 1000 m² et avec une faible amplitude stratigraphique, estimée à 0,30 m en moyenne. Elle semble constituer la marge orientale de l’espace cultivé.
L’aqueduc de Balaruc-les-Bains est un ouvrage plus tardif, dont la période de réalisation, faute d’indices probants apportés par cette opération, a été située durant le Ier s. ap. J-C. Repéré sur 420 m de long, il témoigne d’une orientation NL 11°E qui vire de quelques degrés (NL 18°E) en bordure méridionale du périmètre de cette étude. Hormis les deux regards présentant des altimétries hautes, on constate un important enfouissement de la structure hydraulique, compris entre 1,00 et 1,60 m depuis le sud vers le nord. La section moyenne du conduit adopte un module de 1,80 m de haut pour 1,40 m de large. De nombreuses dégradations sont bien visibles par endroits. Elles sont principalement dues à des récupérations effectuées à la fin de la période Moderne, mais on constate également des zones où l’ouvrage s’est effondré sur lui-même. La chute de la couverture voûtée du specus donne même parfois lieu à la présence de poches d’air encore actuellement piégées sous les sédiments. Enfin, d’autres secteurs d’observation montrent que l’aqueduc est plus ou moins intact dès lors que l’on approche la limite septentrionale de l’espace diagnostiqué. L’indigence des artefacts ne permet pas d’évaluer la durée d’usage de cet ouvrage. S’il est possible d’envisager une cohabitation de cet aménagement public avec des cultures, il semble malgré tout que son axe d’implantation ait induit un certain périmètre de protection dans son sillage.





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