Strasbourg, Rue de Lucerne - Rue du Jeu de Paume : le système défensif primitif et le processus d'urbanisation d'un secteur du faubourg de la Krutenau du Moyen Âge à nos jours : rapport de fouilles / sous la direction de Maxime Werlé ; avec la collaboration de Emmanuelle Bonnaire, Aurélia Borvon, Yves Gruet... [et al.]
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Bibliogr. p. 213-217 (vol. 1) ; p. 119, p. 131, p. 176-177, p. 248, p. 261, p. 309-311, p. 333-334 (vol. 2)
Comprend :
Volume I
Volume II
La mise en place du substrat géologique apparaît relativement tardive, le site étant manifestement soumis à l'influence des fluctuations du réseau hydrographique à la fin du 14e s. C'est à ce moment, dans les années 1386-1388, qu'est aménagé le système défensif primitif du faubourg de la Krutenau, constitué d'un fossé à fond plat et à escarpe talutée et d'une levée de terre. Les sources écrites rapportent que cette fortification est restée inachevée, puisqu'elle devait initialement être renforcée par un mur d'enceinte maçonné, au lieu de quoi elle a simplement été complétée par une palissade (?), dont aucune trace archéologique n'a été décelée. En arrière de la levée de terre, la partie occidentale du terrain est occupée par un vaste creusement, peu profond, dont la fonction nous échappe (fosse d'extraction de limon ?).
Ce système défensif est abandonné et démantelé dès la première moitié du 15e s. A cette époque, le faubourg a été entouré par un nouveau système défensif, plus vaste et implanté en-dehors de l'emprise fouillée. Le fossé primitif a dès lors été comblé et la levée de terre arasée. Cette campagne de terrassements et de nivellement a précédé un exhaussement massif du terrain, destiné à l'assainir et à le viabiliser. Les vestiges mobiliers recueillis dans les couches de cette phase témoignent des activités artisanales exercées à proximité du site, en particulier la production de terres cuites architecturales et la fabrication de perles en os.
Un premier bâtiment, d'allure modeste (habitat ?), est construit sur le site dans la deuxième moitié du 15e ou au début du 16e s. Il était établi à l'extrémité de l'actuelle rue du Jeu-de-Paume, en bordure ou à proximité immédiate de la voie, dans un secteur marginal du faubourg, encore faiblement urbanisé et occupé par de nombreux jardins. Le terrain était bordé par le nouveau système défensif (hors emprise de fouille) mis en place dans la première moitié du 15e s.
Peu après, à la fin du 15e ou dans la première moitié du 16e s., un nouveau bâtiment, à vocation agro-pastorale, est construit en arrière du précédant. Il s'agit d'un immeuble de plan quasiment rectangulaire (12,40 x 9,50 m hors œuvre). Les charges et les poussées des planchers et de la toiture étaient remportées sur les murs périphériques en briques et sur un support isolé, implanté en position centrale. Le rez-de-chaussée formait un seul espace indivis de près de 100 ml et abritait une cuve maçonnée. Le bâtiment comportait en outre un étage, vraisemblablement édifié en pan-de-bois, et était couvert d'un toit à deux versants. Les sources écrites permettent d'identifier l'immeuble à une « grange » appartenant à un boucher. La fosse maçonnée correspond probablement à une fosse à purin ou à lisier. Les vastes espaces non bâtis situés dans l'environnement immédiat de l'étable pourraient, par ailleurs, avoir servi de prairies de pâturage. Dans l'espace compris entre le bâtiment d'habitation sur la rue et la - grange - ont par ailleurs été aménagées des latrines, dont subsiste la fosse maçonnée en briques, et une fosse à déchets. Le mobilier recueilli dans leur comblement est notamment constitué de nombreux restes de faune, de mobilier en céramique et en verre ; il témoigne de la vie matérielle des occupants de la parcelle dans le courant du 16e s.
Le bâtiment d'habitation sur rue est démoli et reconstruit au 17e ou au début du 18e s., tandis qu'une nouvelle limite parcellaire est établie vers le milieu du 18e s., la parcelle étant par ailleurs dotée d'un puits. En arrière du bâtiment sur rue, l'ancienne grange est victime d'un incendie en 1760 et remplacée en 1788 par un nouvel immeuble d'habitation. Dans la parcelle mitoyenne, où subsistaient de vastes espaces de jardin, les seuls vestiges attribués à cette phase sont deux structures en creux, parmi lesquelles figure une fosse dépotoir.
La densification du bâti se développe dans cette partie du site, jusqu'alors demeurée vide de construction, dans le premier tiers du 19e s. Elle s'intensifie encore dans la deuxième moitié du 19e s. et dans la première moitié du 20e s., lorsque deux immeubles de rapport sont édifiés en marge du terrain fouillé, de même qu'un puits et d'autres structures liés à la gestion des eaux usées et pluviales.
Toutes ces constructions, vétustes ou non conformes aux projets d'urbanisme de la Ville, sont démolies dans la deuxième moitié du 20e et au début du 21e s.





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